Temptations : les pièges de Jens Kristian Balle

• 09/08/2015 • Commentaire (0)

Au hasard de mes promenades digitales, j’ai atterri ce week-end sur le profil Jens Kristian Balle, photographe danois exilé au Canada. J’ai adoré sa série « Temptations » qu’il décrit lui même sur son site par la définition suivante : « a desire to do something, esp. something wrong or unwise. »

Le photographe met en effet en scène nos vices les plus addictifs dans une série à la fois graphique et pleine d’humour.

© Jens Kristian Balle 2012, www.jenskristianballe.com

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© Jens Kristian Balle 2012, www.jenskristianballe.com

© Jens Kristian Balle 2012, www.jenskristianballe.com

© Jens Kristian Balle 2012, www.jenskristianballe.com

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© Jens Kristian Balle 2012, www.jenskristianballe.com

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De Rubens à Van Dyck – Pinacothèque de Paris

La Pinacothèque de Paris propose en ce moment une exposition intitulée De Rubens à Van Dyck, les chefs-d’oeuvre flamands de la collection Gerstenmaier.

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N’ayant pas trop d’illusions sur le fait que Rubens et Van Dyck, s’ils sont les premiers cités pour appâter le chaland, ne seront pas majoritairement représentés, j’étais tout de même très curieuse de découvrir cette fameuse collection. Et grand bien m’en a fait !

Parmi les 59 oeuvres présentées (une exposition relativement courte donc mais pour une fois à la Pinacothèque au prix abordable de 10€), nombre d’entre elles sauront ravir vos yeux.

Sans déflorer le sujet, je vous propose de retrouver ci-dessous mes découvertes les plus marquantes :

Le Rubens de l’affiche est effectivement splendide et sa lumière semble aller jusqu’à éclairer le visiteur tant elle est vive. A noter également, une Adoration des Anges et des Bergers par Matin De Vos, volant la vedette à bien d’autres qui l’entourent.

La Vierge dite de Cumberland, Rubens (1577-1640), non datée, huile sur bois

La Vierge dite de Cumberland, Rubens (1577-1640), non datée, huile sur bois

L'Adoration des Anges et des Berges, Martin De Vos (1532-1603), 1593, huile sur bois

L’Adoration des Anges et des Bergers, Martin De Vos (1532-1603), 1593, huile sur bois

L'Adoration des Anges et des Berges, Martin De Vos (1532-1603), 1593, huile sur bois

L’Adoration des Anges et des Bergers (détail), Martin De Vos (1532-1603), 1593, huile sur bois

Les natures mortes sont également à l’honneur, avec parmi toutes les belles compositions qui nous sont proposées, un Vase de fleurs de Gaspar-Pieter Verbruggen le jeune.

Vase de fleurs, Gaspar-Pieter Verbruggen le jeune (1664-1730), non datée, huile sur toile

Vase de fleurs, Gaspar-Pieter Verbruggen le jeune (1664-1730), non datée, huile sur toile

La section « Thèmes mythologies » fait la part belle à l’excellente série de gravures « Thèmes mythologiques et allégoriques » de Hendrick Goltzius, un vrai coup de coeur. Le travail est si affirmé qu’il donne à celui qui le contemple le sentiment que rien n’eut pu être représenté autrement. Il dégage une force, une évidence qui vous laissent coi.

Les Quatre Éléments, série des Thèmes Mythologiques et Allégoriques 1/8), Hendrick Goltzius, 1588, gravure au burin estampée sur papier

Les Quatre Éléments, série des Thèmes Mythologiques et Allégoriques 1/8), Hendrick Goltzius, 1588, gravure au burin estampée sur papier

Les Cinq Sens, série des Thèmes Mythologiques et Allégoriques 2/8), Hendrick Goltzius, 1588, gravure au burin estampée sur papier

Les Cinq Sens, série des Thèmes Mythologiques et Allégoriques 2/8), Hendrick Goltzius, 1588, gravure au burin estampée sur papier

Quant à la série de Van Dyck qui servit à illustrer l’ouvrage « Iconographie, ou Vie des hommes illustres du XVIIè siècle », elle nous offre à voir de belles physionomies expressives et caractérisées.

Portrait de Pieter Brueghel le jeune, série tirée de louvrage intitulée Iconographie, ou Vie des Hommes illustres du XVIIè siècle, Anthony Van Dyck, 1626, gravure à leau forte estampée sur papier vergé

Portrait de Pieter Brueghel le jeune, série tirée de louvrage intitulée Iconographie, ou Vie des Hommes illustres du XVIIè siècle, Anthony Van Dyck, 1626, gravure à leau forte estampée sur papier vergé

Portrait de Paulus du Pont, série tirée de louvrage intitulée Iconographie, ou Vie des Hommes illustres du XVIIè siècle, Anthony Van Dyck, 1626, gravure à leau forte estampée sur papier vergé

Portrait de Paulus du Pont, série tirée de louvrage intitulée Iconographie, ou Vie des Hommes illustres du XVIIè siècle, Anthony Van Dyck, 1626, gravure à leau forte estampée sur papier vergé

N’hésitez donc pas à aller voir cette exposition pour ses oeuvres… et seulement pour ses oeuvres. En ce qui concerne la scénographie, vous repasserez… Cela dit, ça explique peut-être aussi le tarif très abordable…

Si j’ai grandement apprécié les éclairages biographiques apportés dans les cartels, c’est sans doute la seule chose positive que je retiens de cette exposition sur sa forme. En arrivant, j’ai été frappée par les couleurs utilisées pour le décor : violet et jaune vif, un choix qui parait pour le moins arbitraire, qui ne reflète pas l’ambiance de l’affiche, ni les palettes des peintres évoqués. Sans parler des textes noirs sur fond blanc à la titraille rouge qui jurent étrangement avec les choix chromatiques évoqués ci-dessus…

Passé l’étonnement, je me rends compte que j’ai déjà vu cela quelque part… En effet, c’est le décor de l’exposition Klimt qui s’est déroulée juste avant dans les mêmes murs et que la Pinacothèque a tout juste adapté pour son nouvel événement. On retrouve même les bancs en escalier utilisés pour créer une station d’écoute musicale en contemplant la Frise Beethoven. Cette disposition était judicieuse pour Klimt, mais dans ce nouveau contexte, elle semble totalement hasardeuse.

Honnêtement, j’ai eu l’impression d’aller dîner au restaurant et de manger dans la vaisselle de la veille. Manque de temps, manque d’argent… J’imagine qu’il y a une bonne raison à cette économie de ressources, mais c’est vraiment dommage car les oeuvres exposées méritent mieux et les visiteurs aussi.

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Beauté Congo – Fondation Cartier pour l’art contemporain

Avant toute chose, pour lire cette critique, lancez la musique ci-dessous et saisissez l’opportunité de cette invitation au voyage…

Si vous est coincé à Paris cet été, l’exposition Beauté Congo – 1926-2015 – Congo Kitoko reste un bon moyen de s’offrir un moment de dépaysement. La Fondation Cartier présente en effet en ce moment au sein de cette exposition près de 90 ans d’art moderne et contemporain au Congo.

Affiche de l'exposition Beauté Congo, 1926-2015, Congo Kitoko

Affiche de l’exposition Beauté Congo, 1926-2015, Congo Kitoko

L’exposition a été pensée de façon anti-chronologique, on part à la découverte des peintres populaires congolais et de la jeune génération, et l’on remonte le temps jusqu’aux prémices de la peinture moderne congolaise. Si l’approche parait peu conventionnelle, elle n’en est pas loin maligne : au lieu de débuter le propos par une peinture plus proche des arts traditionnels locaux, on commence par captiver le visiteur avec une peinture d’inspiration plus européenne, vivante, colorée, mais qui, sous sa candeur, aborde bien des thèmes sérieux, souvent liés à la politique du pays.

Kalamata, grand chef d'Urua sur fond d'aquarelle de Dardenne, Sammy Baloji, série Congo Far West: Retracing Charles Lemaire's Expedition, 2011

Kalamata, grand chef d’Urua sur fond d’aquarelle de Dardenne, Sammy Baloji, série Congo Far West: Retracing Charles Lemaire’s Expedition, 2011

Little Kadogo: I'm for peace, that's why I like weapons, Chérie Samba

Little Kadogo: I’m for peace, that’s why I like weapons, Chérie Samba

C’est sans compter sur les effluves mélodiques qui vous enveloppent dès votre arrivée et créent une atmosphère propice à la découverte de la culture congolaise. J’ai adoré ces petits ilots très graphiques surmontés d’un toit en matériau isolant, ils permettent d’écouter différents morceaux qui viennent accompagner les oeuvres sans gêner le reste du parcours.

Au sous-sol, les genres et les époques se mélangent encore davantage, on retrouve les assemblages futuristes de Bodys Isek Kingelez des années 2000, qui contrastent avec les beaux portraits en noir et blanc des habitants de Kinshasa par Jean Deparra dans les années 50-70.

Maquette de Bodyz Isek Kingelez

Maquette de Bodyz Isek Kingelez

En face, les peintures de Moke fascinent. J’aime la sincérité et la technique, avec ces perspectives écrasées qui provoquent l’oeil : les formes s’accumulent miraculeusement, sans jamais se toucher.

Kin Oyé, Moke, 1983

Kin Oyé, Moke, 1983

Plus loin, on découvre les photos d’Ambroise Ngaimoko du studio 3Z. Je crois que je fus autant charmée par les photos que leurs légendes désuètes.

"Mannequins exposant nouveau mode de pantalon dénommé "Pattes d'Eléphant" 1973-1974",  Ambroise Ngaimoko, Studio 3z

« Mannequins exposant le nouveau mode de pantalon dénommé « Pattes d’Eléphant » 1973-1974″, Ambroise Ngaimoko, Studio 3z

L’exposition se clôt sur un art plus traditionnel, hérité de l’art indigène. Parmi eux, j’ai surtout retenu le beau travail de Mode Muntu, la fascinante technique de Bela.

Kalala Ilunga, le fondateur du royaume Luba, Mode Muntu

Sans titre, 1950, Bela

Détail, Sans titre, 1950, Bela

A noter également le sublime travail de Mwenze Kibwanga, qui, dans un magnifique cadre, renouvelle de façon surprenante l’iconographie christique que nous avons tous en tête.

Mwenze Kibwanga (1925 – 1999)

Informations pratiques :
Beauté Congo, 1926-2015, Congo Kitoko
Jusqu’au 15 novembre 2015, du mardi au dimanche de 11h à 20h, le mardi jusqu’à 22h
Fondation Cartier pour l’art contemporain, métros Raspail ou Denfert-Rochereau (lignes 4 et 6)

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