Jordaens 1593 – 1678, la gloire d’Anvers – Petit Palais

• 05/11/2013 • Commentaire (0)

En grande fan du XVIIème siècle que je suis, j’étais ravie de voir arriver l’exposition Jordaens au Petit Palais. Je connaissais peu l’artiste et pour cause : l’exposition visait à réhabiliter Jordaens, souvent boudé par le public au profit de Rubens et Van Dyck. Il s’agit-là de la première grande rétrospective en France qui lui est dédiée. Jordaens (1593-1678), la gloire d’Anvers par paris_musees

Mon avis en résumé :

Mission accomplie ! La rétrospective met en avant les talents de l’artiste, tant pour peindre des scènes religieuses ou historiques, que pour restituer la truculence de la vie anversoise.

La muséographie :

Surprenante et pédagogique. J’ai lu « kitch » aussi ici, ce que je comprends tout à fait mais j’ai tout de même peine à critiquer tellement les efforts investis dans la première salle nous immergent avec facilité dans la société de Jordaens. Je salue vraiment la démarche pédagogique au travers de la restitution de l’atelier du peintre et du cabinet de curiosités qui visent à rendre plus accessible un siècle bien lointain pour un public pas toujours connaisseur, ni demandeur. A noter également la mise en valeur majestueuse de la Crucifixion que l’on peut admirer dès l’entrée dans la salle dédiée aux peintures religieuses.

Les œuvres :

Variées, naturalistes, cocasses ou dramatiques, tout y est. J’ai adoré les études de tête qui, si rapidement peintes soient-elles, montrent tout le talent de l’artiste pour dépeindre les émotions humaines. On retrouve bien sûr l’influence de Rubens, notamment dans les chairs à nu des personnages, celle de Caravage dans les clair-obscurs et, ça ne tient qu’à moi mais j’ai aussi remarqué une légère tendance à styliser que l’on retrouve bien plus forte chez un contemporain : Georges de La Tour. On notera également que l’exposition se poursuit au Musée des Beaux-Arts de Rennes qui possède une magnifique Crucifixion qui fera l’objet d’une présentation spécifique du 19/09 au 15/12.

Mes 3 œuvres préférées :

Le Christ en croix
De beaux visages expressifs.

crucifixion jordaens critique facile exposition petit palais

Photo (C) MBA, Rennes, Dist. RMN-Grand Palais / Jean-Manuel Salingue

Le Saint Jean-Baptiste en buste
Quelle expression ! Et remarquez les mains stylisées.

© Collectiebeleid Musea stad Antwerpen

Servante avec une corbeille de fruits et un couple d’amoureux J’adore le regard complice que la servante nous jette pour nous inviter dans la scène.

CSG CIC Glasgow Museums Collection

Et pour aller plus loin, une vidéo explicative de 16 minutes qui commentent quelques œuvres de l’exposition : Jordaens au P etit Palais par Blanche_Jade

Informations pratiques :

Du 19 septembre 2013 au 19 janvier 2014. Petit Palais, avenue Winston Churchill – 75008 Paris (métro : ligne 1 et 13) TR : 8€ / PT : 11

La Renaissance et le Rêve – Musée du Luxembourg

Samedi, j’ai eu l’occasion d’aller visiter l’exposition la Renaissance & le Rêve au Musée du Luxembourg. Le sujet me paraissait particulièrement alléchant, surtout après cette bande-annonce fort réussie :

Mon avis en résumé :

Une belle exposition, de qualité, mais il m’a manqué un petit quelque chose pour être émerveillée…

La muséographie :

Bien conçue, pas grand-chose à dire sur ce point. Murs sombres et lumières douces qui favorisent l’immersion dans le rêve. J’ai bien aimé l’astuce de reproduire en impression sur les pans de mur des œuvres manquantes à l’exposition. L’entrée et la sortie ont été particulièrement soignées avec « La Nuit » de Ghirlandaio d’après Michel-Ange qui nous emporte dès la première salle et le magnifique Eros et Psyché de Zucchi qui permet au spectateur de terminer cette exposition sur une dernière note détonante.

Les œuvres :

Des grands maîtres au rendez-vous avec Carrache, Bronzino, Veronèse, Le Greco… un corpus assez complet qui a permis de constituer un parcours astucieux qui va de la nuit à l’éveil. Un ensemble plutôt bien documenté et des œuvres assez variées (peintures, gravures, bas-reliefs, sculptures…). Je pense toutefois qu’une petite introduction de circonstance du type socio-historique sur la place du rêve dans la société de l’époque aurait permis de contextualiser le propos. Ensuite, la bande-annonce, centrée sur l’œuvre de Bosch mettait en avant un univers bizarre et farfelu… qu’on ne retrouve quasiment que dans les toiles de cet artiste en particulier et qui reflète peu l’ambiance de l’exposition au global. Et pour finir sur une note positive : l’audioguide est disponible en application iPhone pour 2,69€ et il est assez bien fait.

Mes 3 œuvres préférées :

La Sainte Famille avec St Jean-Baptiste enfant de Bronzino :

@ Photo Scala, Florence - Courtesy of the Ministero Beni e Att. Culturali

@ Photo Scala, Florence – Courtesy of the Ministero Beni e Att. Culturali

Le Songe de Ste Catherine d’Alexandrie de L. Carracci :

© Courtesy National Gallery of Art, Washington

© Courtesy National Gallery of Art, Washington

La vision de Ste Hélène de Véronèse :

Photo (C) The National Gallery, Londres, Dist. RMN-Grand Palais / National Gallery Photographic Department

Photo (C) The National Gallery, Londres, Dist. RMN-Grand Palais / National Gallery Photographic Department

Informations pratiques :

Du 29 octobre 2013 au 26 janvier 2014
Musée du Luxembourg, 19 rue de Vaugirard 75006 Paris (lignes 4 et 10)
TR : 7,50/PT : 11€

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