Mapplethorpe Rodin – Musée Rodin

• 30/06/2014 • Commentaire (0)

Si l’exposition Mapplethorpe du Grand Palais a fait grand bruit (budget de communication conséquent à l’appui j’imagine), on sait moins que se déroule au Musée Rodin une seconde exposition Mapplethorpe qui prolonge la première. L’objectif de ce second volet est de créer un dialogue entre les œuvres des deux artistes, qui, chacun à leur façon, ont sculpté leurs sujets.

Mon avis en résumé :

Ayant visité l’exposition du Grand Palais d’abord, j’avais vraiment peur de la redite, mais le propos est réellement pertinent et le dialogue existe entre ces deux artistes qui ont bien plus que la discipline de la sculpture en commun. Un petit bémol sur la seconde partie de la scénographie, un peu brouillonne.

La muséographie :

L’exposition débute sur un saisissant autoportrait de Mapplethorpe qui vous regarde avec une intensité presque surréaliste pour une photo.

Le propos est clairement thématisé : mouvement, texture, drapé, érotisme…, on a l’occasion d’admirer les correspondances entre les deux artistes sous des angles divers et variés. Les parois de verre qui abritent les oeuvres de Rodin laisse le regard chercher par transparence le dialogue avec les photos de Mapplethorpe accrochées. C’est habile du point de vue du propos, mais ça brouille un peu les pistes et l’on s’égard un peu, ne sachant plus dans quelle section on se situe.

Quoi qu’il en soit, la disposition des lieux sert efficacement le propos et les œuvres se répondent en effet. Les commissaires forcent même le trait avec un humour qui sied assez bien à Mapplethorpe : dans la dernière partie consacrée à la sexualité, la nudité de Lisa Lyon fait face à une photo de petit chat qui semble s’être égaré. Je fus perplexe quelques minutes avant de réaliser qu’on avait bien une chatte qui dialogue avec une autre chatte… Quels coquins, ces commissaires ! ;)

Les oeuvres :

Difficile ici de parler d’oeuvres, il convient mieux de traiter les conversations qu’elles forment. Photographies et peintures dialoguent dans l’ensemble avec une justesse épatante, même si j’ai trouvé une ou deux rapprochement un peu capillotractés. On s’interroge avec trouble pour savoir qui des deux artistes sculpte le plus : Mapplethorpe fige les corps et Rodin les met en mouvement. Là où le photographe se focalise sur un détail, le maître du penseur oublie de finir ses créations, chacun à leur façon, ils mettent en exergue ce qui importe.

Mes 3 oeuvres préférées :

Là encore, plutôt que de parler d’oeuvres, je vais traiter le dialogue.

White Gauze vs. L’Âge d’Airain

Robert Mapplethorpe, White Gauze (1984) / Auguste Rodin, Torse de l'âge d'airain drapé (vers 1895) © 2014 Robert Mapplethorpe Foundation © Paris, Musée Rodin, photo Christian Baraja

Robert Mapplethorpe, White Gauze (1984) / Auguste Rodin, Torse de l’âge d’airain drapé (vers 1895) © 2014 Robert Mapplethorpe Foundation © Paris, Musée Rodin, photo Christian Baraja

Michael Reed vs. L’Homme qui marche

Robert Mapplethorpe, Michael Reed (1987) / Auguste Rodin, L'homme qui marche (vers 1899) © 2014 Robert Mapplethorpe Foundation © Paris, Musée Rodin, photo Christian Baraja

Robert Mapplethorpe, Michael Reed (1987) / Auguste Rodin, L’homme qui marche (vers 1899) © 2014 Robert Mapplethorpe Foundation © Paris, Musée Rodin, photo Christian Baraja

Mickaël St Clair vs. La Méditation

Michael St Clair, Robert Mapplethorpe (1984) La Méditation ou La Voix intérieur, Auguste Rodin (1896)

Michael St Clair, Robert Mapplethorpe (1984)
La Méditation ou La Voix intérieur, Auguste Rodin (1896)

Informations pratiques :

Du 8 avril au 21 septembre 2014
Musée Rodin, 79 rue de Varenne, 75007 Paris – Métro Varenne (ligne 8) ou Invalides (8, 13, RER C)
PT : 9€ / TG R : 7€ (accès aux collections permnantes et au jardin inclus)
Musée Rodin, 79 rue de Varenne, 75007 Paris