12 expositions à Paris pour la rentrée 2014

J’ai toujours bien aimé la rentrée, je me réjouis de cette période de l’année où les grandes expositions fleurissent pour notre plus grand plaisir. Le programme de cette édition 2014 s’avère particulièrement alléchant et je vous propose ci-dessous ma sélection !


Révision des classiques


Claude Monet, Impression, soleil levant, 1872

Claude Monet, Impression, soleil levant, 1872

Le Pérugin, maître de Raphaël, au musée Jacquemart-André
Une exposition qui dépeint (haha) le travail du maître qui « a porté à sa perfection un langage artistique » que Raphaël s’est ensuite approprié.
Du 12 septembre au 19 janvier 2015.

Duchamp, au Centre Pompidou
Un « retour aux sources » du centre qui met à l’honneur l’un des artistes qui a bouleversé le XXè siècle et exposera à cette occasion nombre de ses oeuvres, notamment conservées à Philadelphie.
Du 24 septembre 2014 au 5 janvier 2015.

Monet, Impression soleil-levant, au Musée Marmottan-Monet
Là encore, un retour aux sources, celles de l’impressionnisme, en questionnant le tableau qui donna son nom au phénomène.
Du 18 septembre 2014 au 18 janvier 2015.


L’invitation au voyage… vers l’Asie


The Great Wave off Kanagawa, Katsushika Hokusai

The Great Wave off Kanagawa, Katsushika Hokusai

Hokusai, au Grand Palais
Pas moins de 500 oeuvres présentées à l’occasion de cette grande rétrospective pour célébrer le talent de l’artiste japonais sans doute le plus connu à travers le monde.
Du 1er octobre 2014 au 18 janvier 2015.

Splendeurs des Han, au Musée Guimet
Un « panorama » d’œuvres varié qui témoigne de la grandeur et du raffinement d’une société chinoise qui s’est épanouie durant quatre siècles.
Du 22 octobre au 1er mars 2015.

Ghibli – Le secret du layout, au Musée des Arts Ludiques
Les rumeurs ont enflé ces dernières semaines sur la potentielle fermeture du mythique studio Ghibli. Celui-ci arrête a priori les longs métrages, pour se consacrer aux films courts et publicitaires. Il est donc temps de (re)découvrir le travail de ceux qui ont fait naître Chihiro, Totoro et bien d’autres.
Du 4 octobre 2014 au 1er mars 2015.


Le mot de la rentrée : sulfureux


A Glass of Wine with Caesar Borgia, John Collier, 1893 (Domaine public USA)

A Glass of Wine with Caesar Borgia, John Collier, 1893 (Domaine public USA)

Niki de Saint Phalle, au Grand Palais
Peinture à la carabine et partis-pris radicaux, le Grand Palais retrace la carrière d’une artiste entière et féministe au travers de la plus grande exposition jamais organisée à son sujet.
A noter, le Musée en herbe et le 104 prolongeront le propos avec des expositions dédiées à la même artiste.
Du 17 septembre 2014 au 2 février 2015.

Les Borgia et leur temps, au Musée Maillol
Un pape avec des enfants illégitimes, des histoires de meurtre et d’inceste, ça fait forcément jaser jusqu’au XXè siècle. Le public en redemande et nous aussi ! De Vinci à Michelange, le musée Maillol remet les choses à leur place.
Du 17 septembre 2014 au 15 février 2015.

Le Kamasutra, érotisme et spiritualité dans l’art indien, à la Pinacothèque 
On refait son éducation érotique et spirituelle grâce à une exposition qui, là encore, remet les choses à sa place, de l’origine du texte au regard déformé que la société occidentale lui porte.
Du 2 octobre 2014 au 11 janvier 2015.

Sade, au Musée d’Orsay
Le Musée d’Orsay invite une spécialiste du « Divin Marquis » pour décortiquer son oeuvre et l’illustrer de Goya, Picasso, Rodin et bien d’autres… On y parlera désir, extrême et monstruosité. Dangereusement tentant.
Du 14 octobre 2014 au 25 janvier 2015.


Vous êtes bien urbains


©Sophie Calle/Adagp, Paris, 2014, Courtesy the Artist & Galerie Perrotin

©Sophie Calle/Adagp, Paris, 2014, Courtesy the Artist & Galerie Perrotin

Sonic – Hedi Slimane, à la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent
Surtout connu pour ses créations couture, l’homme est aussi un photographe de premier ordre. Talent dont il s’est servi pour photographier les plus grandes stars du rock dont on admirera les portraits avec plaisir.
Du 18 septembre 2014 au 11 janvier 2015.

S’il y a lieu, je pars avec vous, au BAL
Cinq artistes nous racontent l’autoroute, vaste terrain de jeu qui voit passer les corps et les émotions. Ca a l’air poétique et joli comme tout. Et puis il y a Sophie Calle, dont j’ai de plus en plus envie de découvrir le travail…
Du 18 septembre au 5 octobre 2014.

Carpeaux, un sculpteur pour l’Empire – Musée d’Orsay

• 01/08/2014 • Commentaire (0)

J’avais eu quelques bons échos ici et là de l’exposition Carpeaux qui se tient en ce moment au Musée d’Orsay. Il fallait donc que j’aille vérifier par moi-même…

L’exposition nous dépeint la vie et l’œuvre du fougueux sculpteur qui, de sa courte carrière dit bouger les lignes de sa discipline. Rodin le citait d’ailleurs comme le meilleur portraitiste de son temps.

Mon avis en résumé :

On a ici affaire à une exposition de grande qualité. Bien au-delà des œuvres qui sont montrées et que l’œil connaît déjà (en partie tout du moins), le parcours, truffé d’anecdotes et de citations, brosse le portrait d’un artiste opiniâtre et intransigeant. Et, si la muséographie peut en partie décevoir, contrainte, j’imagine, par la monumentalité de certaines pièces, on ne boude pas son plaisir.

La muséographie :

La visite est très bien segmentée, en 10 thématiques claires qui, au-delà de nous présenter les œuvres, offrent un portrait détaillé du sculpteur, fougueux et sans compromis. On découvre sa ténacité pour mettre en oeuvre un Ugolin tel qu’il l’imaginait, ou encore son entêtement pour faire accepter que sa Flore vienne bouleverser les ambitions architecturales de Lefuel (au final Napoléon III donnera raison au sculpteur !).

Les pièces présentées sont organisées de façon intelligente, du dessin à l’étude en terre, jusqu’au résultat final en marbre, en bronze…, on découvre avec intérêt la genèse de chaque oeuvre. J’ai aussi beaucoup apprécié de retrouver dans les cartels les photos des œuvres d’autres artistes dont Carpeaux s’est inspiré.

Ce qui m’a moins plus, c’est le côté tortueux du parcours, la visite est fléchée, mais reste peu intuitive. En allant vers la section 2, on passe déjà devant la section 10, ce qui gâche un peu le suspense, entre guillemets ; j’aime finir une expo sur une belle chute inattendue et mémorable, on est ici un peu privé de ce plaisir.

Les oeuvres :

On est facilement ému. Les grands groupes sculptés de l’artiste (Ugolin, la Danse…) bien que déjà vus, forcent toujours l’admiration, notamment parce que Carpeaux sait capturer les physionomies avec fougue et aisance, ses bustes sont vivants et expressifs, touchants aussi. Le marbre est souple, le bronze chaleureux, comme le dit très bien la présentation de l’exposition, Carpeaux est le sculpteur du mouvement.

On apprécie de voir les études dessinées et sculptées qui témoignent du travail de l’artiste, même rapides et à peine ébauchées, on devine la virtuosité du sculpteur. Et l’on découvre également ses talents de peintre avec là encore des images saisies sur le vif, vibrantes et élégantes.

Mes 3 oeuvres préférées :

Hector implorant les Dieux pour son fils Astyanax
On a un ensemble très harmonieux, la puissance virile d’Hector est contrebalancée par la souplesse du drapé et l’intimité qui existe entre le héros et son fils. J’ai beaucoup aimé sa main délicate et gracieuse qui vient tenir le pied de l’enfant.

Hector implorant les dieux en faveur de son fils Astyanax, Jean-Baptiste Carpeaux Photo (C) RMN-Grand Palais / René-Gabriel Ojéda

Hector implorant les dieux en faveur de son fils Astyanax, Jean-Baptiste Carpeaux
Photo (C) RMN-Grand Palais / René-Gabriel Ojéda

Charles Garnier, architecte
Un excellent buste (parmi de nombreux autres présentés) où l’on mesure le talent de Carpeaux pour le portrait et sa capacité à saisir un caractère.

Charles Garnier, architecte - Jean-Baptiste Carpeaux Photo (C) RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / René-Gabriel Ojéda

Charles Garnier, architecte – Jean-Baptiste Carpeaux
Photo (C) RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / René-Gabriel Ojéda

Le Prince impérial et son chien Nero
Un autre beau portrait, réalisé avec délicatesse et sensibilité. On devine dans les traits du jeune prince une forme d’ambivalence, entre douceur de l’enfance et solennité du rang.

Le Prince impérial et son chien Nero - Jean-Baptiste Carpeaux  Photo (C) RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Stéphane Maréchalle

Le Prince impérial et son chien Nero – Jean-Baptiste Carpeaux
Photo (C) RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Stéphane Maréchalle

Informations pratiques :

Du 24 juin au 28 septembre 2014
Musée d’Orsay, 1, rue de la Légion d’Honneur, 75007 Paris – Métro Solférino (ligne 12), RER Musée d’Orsay (ligne C)
Prix du billet d’entrée au musée – PT : 11€ / TR : 8,50€

Van Gogh / Artaud. Le suicidé de la société – Musée d’Orsay

• 15/04/2014 • Commentaire (0)

Van Gogh / Artaud. Le suicidé de la société faisait partie des expositions que j’attendais vraiment cette année. J’avais très envie d’admirer les toiles vibrantes de Van Gogh et je voulais aussi, à défaut d’avoir lu l’ouvrage, en apprendre plus sur la thèse d’Artaud.

En effet, Antonin Artaud, à contre-courant de la pensée populaire, a voulu à travers son essai démontrer la lucidité supérieure de Van Gogh, par rapport au reste de la société qui le poussa au suicide.


Visite virtuelle : Van Gogh / Artaud au Musée d… par FranceInfo

Mon avis en résumé :

On a un grand peintre, une thèse passionnante et un résultat qui de façon difficilement compréhensible est assez insipide. Bien entendu, les œuvres de Van Gogh étaient fascinantes, mais j’ai eu du mal à prendre des notes tant j’ai trouvé que le propos manquait d’aspérité : les mots d’Artaud sont repris tels quels, mis en face d’œuvres, sans volonté d’analyse ou de mise en perspective particulière avec le recul d’aujourd’hui. On a vraiment du mal à saisir ce qu’a voulu faire la commissaire.

La muséographie :

On entre dans l’exposition par un petit sas empli de mots vibrants comme les formes et les couleurs vibrent sur les toiles de Van Gogh, et qui vous donne l’impression que vous poussez une porte de l’esprit vers un monde d’idées… ou de folie.


Ce passage est suivi d’une première salle qui contextualise la naissance de la thèse d’Artaud à la suite de l’exposition Van Gogh de 1947. Passée cette introduction, on circule dans d’agréables salles spacieuses qui facilitent la progression malgré le monde. Pour le reste, les sections sont là, mais elles ne disent pas grand chose, pas plus que l’ordre dans lequel elles se succèdent. Je me demande encore quel est le propos au final…

Les œuvres :

Côté Artaud, je m’attendais à en voir davantage, d’autant plus que son travail n’est pas dénué d’intérêt et l’on observe ses dessins avec attention.
Côté Van Gogh, forcément, on vibre avec les coups de pinceau, on compare les portraits, on se repait avec délice des couleurs détonantes du jardin de l’hôpital… Est-il besoin d’en dire plus sur le maître ?

Mes 3 œuvres préférées :

J’ai volontairement écarté les autoportraits, la nuit étoilée, etc… pour mettre ici en avant d’autres œuvres moins souvent mentionnées.

Arbres dans le jardin de l’hôpital St Paul, Vincent Van Gogh

© The Hammer Museum.

Paire de chaussures, une chaussure retournée, Vincent Van Gogh

Vincent Van Gogh (1887) - Huile sur toile

Vincent Van Gogh (1887) – Huile sur toile

Autoportrait, Antonin Artaud

Informations pratiques :

Musée d’Orsay, 62 rue de Lille (RER C : Station Musée d’Orsay – Métro 12 : Solférino)
Du 11 mars au 6 Juillet
PT : 11€ / TR : 8,50€

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