16 expositions à faire en 2015

Pour la fan de peinture ancienne que je suis, les expositions millésimées 2015 forment à n’en pas douter un excellent cru, mais l’architecture, la photo, le dessin ne sont pas en reste non plus avec un beau programme en perspective pour les mois à venir.

Voici un petit tour des expositions qui ont retenu mon attention et qui, je l’espère, capteront également la vôtre. Cliquez directement sur la catégorie qui vous intéresse pour accéder au contenu :

Photo
Contemporain
Peinture ancienne
Civilisation
Dessin

Photo :

Le Jeu de Paume offre une programmation assez séduisante pour 2015 au sein de laquelle j’ai retenu deux expositions : l’une consacrée à l’oeuvre de Florence Henri, l’autre à celle de Philippe Halsman.

Artiste d’avant-garde et d’avant-guerre, Florence Henri rivalisa à l’époque avec Man Ray. Le Jeu de Paume nous donne l’occasion de découvrir son travail composite, de l’autoportrait au documentaire, en passant par le photocollage. Du 24 février au 17 mai 2015.

Jeanne Lanvin, 1929, Florence Henri Épreuve gélatino-argentique d’époque, 36,7 x 28,7 cm. Collection particulière, courtesy Archives Florence Henri, Gênes. © Florence Henri / Galleria Martini & Ronchetti

Jeanne Lanvin, 1929, Florence Henri
Collection particulière, courtesy Archives Florence Henri, Gênes. © Florence Henri / Galleria Martini & Ronchetti

Pour Philippe Halsman, le Jeu de Paume a importé une retrospective venue de Lausanne qui retrace la carrière du photographe en plus de 300 images et documents. J’aime l’idée de la « jumpology » qu’il a inventé en collaboration avec Dali. Du 20 octobre 2015 au 24 janvier 2016.

Marilyn Monroe, 1959, Philippe Halsman © 2014 Philippe Halsman Archive / Magnum Photos

Marilyn Monroe, 1959, Philippe Halsman
© 2014 Philippe Halsman Archive / Magnum Photos

J’aime bien aussi l’idée de l’exposition Père et Fils, de Grégoire Korganow à la MEP : des pères et des fils mis à nus et photographiés ensemble qui laissent la place au spectateur de se raconter leur histoire. Sur le papier, je trouve cela simple et efficace, à voir si cela se vérifie sur place… Du 4 février au 5 avril 2015.

© Grégoire Korganow

© Grégoire Korganow

Enfin, c’est un tout autre monde qui s’ouvre à nous au BAL… Ne cherchez pas ici quelque démarche artistique, le BAL interroge « la construction de la preuve par l’image » de la scène de crime photographiée aux captures visuelles effectuées par des drônes. A l’inverse de la précédente, on est vraiment ici dans une démarche intellectuelle quasi scientifique, c’est la « première exposition au BAL sans oeuvre ni artiste ». Du 13 mai au 30 août 2015.

R. A. Reiss, Collection de l'IPSC, CH

R. A. Reiss, Collection de l’IPSC, CH

Contemporain :

Dans la lignée du travail de Duchamp, le Palais de Tokyo interrogera en 2015 le statut d’oeuvre d’art dans une exposition intitulée Le Bord des Mondes du 18 février au 17 mai. Le programme s’annonce réjouissant : « A la lisière de l’art et de l’invention, l’exposition fait voler en éclats les frontières entre les mondes, entre territoire artistique identifié et mondes parallèles absents du système de l’art, en explorant le fécond précipice qui peut les unir. »

Beurre en stick, Kawakami Kenji. Courtesy Christophe Lecoq.

Beurre en stick, Kawakami Kenji. Courtesy Christophe Lecoq.

Le Centre Pompidou nous invite quant à lui en Haïti au travers d’une rétrospective consacrée à Hervé Télémaque, artiste haïtien de 77 ans (rien à voir mais j’adorerai m’appeler Télémaque). Je connais peu l’artiste mais visuellement, son travail qui semble sis à la confluence de plusieurs cultures me séduit assez. Du 25 février au 18 mai 2015.

La Rosée, 1976, Hervé Télémaque Acrylique sur toile 122 x 314,5 cm © Galerie Louis Carré & Cie

La Rosée, 1976, Hervé Télémaque
© Galerie Louis Carré & Cie

Le centre consacre également une rétrospective à Charles-Edouard Jeanneret, que tout le monde connait sous le nom de Le Corbusier : Le Corbusier, Mesures de l’homme. Cet événement me paraît assez incontournable dans le paysage culturel de 2015, tant l’homme, né au XIXè siècle tout de même, a impacté la création architecturale. Du 29 avril au 3 août 2015.

Villa Savoye, Poissy Photo : Paul Koslowski © FLC/ADAGP

Villa Savoye, Poissy – Photo : Paul Koslowski © FLC/ADAGP

Peinture ancienne :

En ce qui concerne la peinture ancienne, en 2015 ce sera Noël toute l’année…

On commence avec peut-être mon musée préféré qui propose deux expositions qui me font trépigner d’avance : Jacquemart-André nous propose tout d’abord l’exposition De Giotto à Caravage, les passions de Roberto Longhi. L’exposition organisera un dialogue entre les oeuvres prêtées par la fondation Roberto Longhi, historien de l’art et fin connaisseur de l’art italien des XVIè et XVIIè siècles, et d’autres empruntées à de grands musées italiens et français. Je suis excitée comme une collégienne la veille de sa première boum à l’idée de cette exposition. Du 27 mars au 20 juillet 2015.

Caravage, Michelangelo Merisi dit (1571 - 1610) Garçon mordu par un lézard 1594, huile sur toile, 65,8 x 52,3 cm Florence, Fondazione di Studi di Storia dell’Arte Roberto Longhi © Firenze, Fondazione di Studi di Storia dell’Arte Roberto Longhi

Garçon mordu par un lézard, Caravage
© Firenze, Fondazione di Studi di Storia dell’Arte Roberto Longhi

A la rentrée, le musée Jacquemart-André enchaîne sur une exposition qui ne manque également pas d’attraits puisqu’elle sera consacrée au Portrait à la cour des Médicis et présentera ainsi une soixantaine d’oeuvres des plus grands portraitistes florentins du XVIè siècle. Du 11 septembre 2015 au 25 janvier 2016.

Eléonore de Tolède, Bronzino,  Photograph © National Gallery of Prague 2014

Eléonore de Tolède, Bronzino,
Photograph © National Gallery of Prague 2014

Bon ok, la dame sur la photo n’a pas l’air très amène, mais je suis sûre qu’on sera bien accueillis. ;)

Le Louvre qui a surtout consacré 2014 à ses activités orientales revient en 2015 avec une exposition prometteuse, « Poussin et Dieu », autour de Nicolas Poussin, dont elle possède la plus vaste collection à travers le monde – parce que Louis XIV en était un fervent collectionneur et parce qu’il a gagné au Jeu de Paume les peintures du maître qui appartenaient au petit-neveu de Richelieu. Cette exposition intervient à l’occasion du 350è anniversaire de la mort de l’artiste et mettra en lumière la façon dont le peintre a traité le sacré dans son oeuvre. Tout un programme. Du 2 avril au 29 juin 2015.

Nicolas Poussin, Le miracle de Saint-François Xavier, musée du Louvre - détail © P.Bernard RMN / GP

Nicolas Poussin, Le miracle de Saint-François Xavier, musée du Louvre – détail © P.Bernard RMN / GP

Le Grand Palais de son côté s’intéressera au XVIIè siècle espagnol avec l’exposition Velazquez, mettant en avant l’artiste bien sûr, mais également ceux qui l’ont influencé. Certainement un nouveau succès en prévision pour le Grand Palais. Du 25 mars au 13 juillet 2015.

Diego Velázquez, L’infante Marie-Thérèse, The Metropolitan Museum of Art, New York. © The Metropolitan Museum of Art, dist. Rmn-Grand Palais / Malcom Varon

Diego Velázquez, L’infante Marie-Thérèse © The Metropolitan Museum of Art, dist. Rmn-Grand Palais / Malcom Varon

Enfin, il suffira de traverser l’avenue Winston Churchill pour visiter au Petit Palais une autre exposition que j’attends également avec impatience : Les bas-fonds du Baroque, la Rome du vice et de la misère. Si le nom me paraît un tout petit peu tapageur, cette volonté de montrer « l’envers du décor » d’une ville souvent magnifiée me paraît fort intéressante… Du 24 février au 24 mai 2015.

Nicolas Tournier Concert, avant 1620 Huile sur toile, 115 x 168 cm © Musées du B / Crédit : Crédit : Nicolas Tournier Concert, avant 1620 Huile sur toile, 115 x 168 cm © Musées du Berry, Bourges

Nicolas Tournier Concert, avant 1620 Huile sur toile, 115 x 168 cm  © Musées du Berry, Bourges

Civilisation :

Après s’être intéressé à Paris sous l’occupation et à la Libération, le musée Carnavalet fait un bon de deux cents ans dans le passé pour s’intéresser aux rapports entre la Capitale et l’empereur Napoléon, ses projets pour la ville, ce qui ont vu le jour et les autres, et l’héritage qu’il a laissé et que l’on peut encore contempler aujourd’hui. Napoléon et Paris, rêves d’une capitale. Du 8 avril au 30 août.

Napoléon Ier (1769-1821) en uniforme de colonel des chasseurs de la garde deLefèvre Robert (ref : 82086) © RMN /Agence Bulloz

Napoléon Ier (1769-1821) en uniforme de colonel des chasseurs de la garde de Lefèvre Robert (détail)
(ref : 82086) © RMN /Agence Bulloz

Alors que le musée du Quai Branly propose en ce moment une exposition sur les Mayas, il s’intéressera ensuite à leurs voisins du sud au travers de l’exposition L’Inca et le conquistador. Aussi simplement que l’annonce son titre, l’exposition propose de revivre la conquête de l’empire Inca, par le regard de deux personnages : un Inca et un conquistador. Du 23 juin au 20 septembre 2015.

Portrait de Huayna Capac, Inca XII, 19° siècle, Pérou (Amérique). Peinture à l'huile sur coton. Inv. 71.1891.64.5 © musée du quai Branly, photo Thierry Ollivier, Michel Urtado

Portrait de Huayna Capac, Inca XII, 19° siècle, Pérou (Amérique). Peinture à l’huile sur coton. Inv. 71.1891.64.5 © musée du quai Branly, photo Thierry Ollivier, Michel Urtado

Enfin, pour changer de continent, il suffira de se rendre au Musée Guimet qui se propose de retracer 2000 ans d’histoire du théâtre asiatique du Nô à Mata Hari, à grands renforts de masques, costumes et accessoires. Du 15 avril au 31 août 2015.

Marionnette à tige © Musée Guimet

Marionnette à tige © Musée Guimet

Dessin :

La Halle Saint Pierre organise du 21 janvier au 14 août 2015 une exposition sur Les Cahiers Dessinés, une jeune maison d’édition parisienne qui publie « des ouvrages consacrés au dessin sous toutes ses formes, de tous les pays, de toutes les époques ». J’aime bien l’idée, d’autant plus que l’exposition sera fidèle à cette hétérogénéité et traitera le sujet en 3 sections : les dessins d’artistes, les dessins d’humour et les dessins d’art brut.

Frédéric Pajak, sans titre, encre de Chine, 29, 7 x 21 cm. 2014

Frédéric Pajak, sans titre, encre de Chine, 29, 7 x 21 cm. 2014

Enfin, la Maison Rouge mettra quant à elle à l’honneur Jérôme Zonder, au travers d’une exposition nommée Fatum, dont la variété des influences vous fait lever le sourcil (de Dürer à Walt Disney) pour un travail à la mine de plomb et au fusain que j’irai bien voir de plus près… du 19 février au 10 mai.

JEU D’ENFANTS #4, 2011. Mine de plomb et fusain sur papier, 200 x 150 cm. Collection privée France.

JEU D’ENFANTS #4, 2011. Mine de plomb et fusain sur papier, 200 x 150 cm. Collection privée France.

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Hokusai – Grand Palais

• 26/12/2014 • Commentaire (0)

Voilà quelques semaines déjà que la vague d’Hokusai déferle sur le Grand Palais, j’ai donc profité de mon dernier week-end de l’année à Paris pour embarquer vers le Japon.

Affiche de l’exposition Hokusai, © Affiche Rmn-Grand Palais, Paris 2014

Affiche de l’exposition Hokusai, © Affiche Rmn-Grand Palais, Paris 2014

Si je me suis maudite d’y être allée un dimanche (on fait la queue pour passer d’une estampe à l’autre), la rétrospective valait tout de même le détour puisqu’elle proposait 500 oeuvres « dont une grande partie ne quittera plus le Japon à compter de l’ouverture du musée Hokusai, à Tokyo en 2016″.

Mon avis en résumé :

Une rétrospective qui fait honneur au grand maître, simple et élégante, avec une respiration bienvenue à mi-parcours qui casse la linéarité du parcours. Je dois avouer que la densité de la foule et l’homogénéité des oeuvres ont mis ma patience à rude épreuve, mais le talent d’Hokusai sait nous rappeler à lui.

La muséographie :

Le plus difficile dans cette exposition fut sans doute de réussir l’éclairage, obligatoirement faible pour admirer de telles oeuvres. Ce fut le cas, avec une lumière très tamisée accentuée par le rouge foncé du mur, qui permet toutefois d’observer les estampes sans problème.

Divisé par période historique, dont chacune correspond à un des noms adoptés par Hokusai, le parcours mise sur la simplicité, un choix qui sied fort bien à l’élégance de l’art du maître. J’ai bien aimé le marquage des dates au-dessus des passages qui vous amènent d’une salle à l’autre, on a un peu l’impression de passer sous des portiques Torii.

Enfin, à mi-parcours, on respire et on retrouve la lumière le temps d’une vidéo et d’une installation. La vidéo, très instructive, explique l’art de l’estampe, tandis que la formidable installation de Luftzug anime, en projection sur les murs, les personnages des oeuvres d’Hokusai sur fond de bruitages comiques. C’est drôle, surprenant et ça réveille le cerveau.

Les oeuvres :

Même si j’ai personnellement un faible pour Hiroshige qui fut à l’honneur à la Pinacothèque en 2012, on admire forcément le travail d’Hokusai, dont le talent se remarque particulièrement dans les Mangas exposés. Quelle variété dans les sujets et quelle adresse ! De la coupe architecturale, en passant par le paysage, la nature morte, les personnages réels ou fantastiques, l’artiste nous livre ici une véritable bible sur l’art du dessin.

Katsushika Hokusai, Hokusai Manga. Eiraku-ya Tōshirō Japon, collection particulière

Katsushika Hokusai, Hokusai Manga. Eiraku-ya Tōshirō Japon, collection particulière

Il y a par ailleurs de nombreux dessins et estampes qui valent le détour au-delà de ces mangas et des fameuses 36 vues du Mont Fuji. Les kakémonos qui jalonnent l’exposition sont formidables et le portrait en buste de deux femmes intitulé « Sifflet de la cerise d’hiver » est particulièrement remarquable (et particulièrement introuvable sur internet).

Hokusai : Dragon dans les nuées, kakémono. 102,5 cm x 42, 5. Musée Guimet, Paris, dist. Rmn-Grand Palais / Thierry Ollivier.

Hokusai : Dragon dans les nuées, kakémono. 102,5 cm x 42, 5. Musée Guimet, Paris, dist. Rmn-Grand Palais / Thierry Ollivier.

Kajikawaza dans la province de Koshu – Kokusai (BnF)

Le petit plus :
C’est complètement gadget du point de vue artistique, mais du point de vue marketing, c’est franchement malin. Le Grand Palais a créé à cette occasion une mini-application qui permet de générer son nom de samouraï, une petite geekerie qui encourage le partage et l’appropriation.

Capture d’écran 2014-12-25 à 16.37.43

Informations pratiques :

Jusqu’au 18 janvier 2015
Galeries Nationales du Grand Palais (métro Champs Elysées Clémenceau – Ligne 13)
Nocturnes jusqu’à 22h du mercredi au samedi
TR : 9€ / PT : 13€ / Tribu (4 personnes dont 2 jeunes 16-25 ans) : 35€

Niki de Saint Phalle, Grand Palais

• 03/10/2014 • Commentaire (0)

J’ai dû m’y prendre à deux fois pour visiter l’exposition Niki de Saint Phalle qui se tient au Grand Palais. J’avais en effet sous-estimé l’engouement des Parisiens pour l’artiste et quand j’ai tenté une visite le premier dimanche de l’exposition, il fallait m’infliger 2h30 de queue malgré mon coupe-file. J’y suis donc retournée samedi matin dernier, Niki de Saint Phalle valant bien d’amputer mon week-end d’une grasse matinée.

Mon avis en résumé :

Une exposition dont la sensibilité reflète parfaitement celle de l’artiste. Les ambiances varient d’une salle à l’autre comme pour mieux exprimer la complexité de celle qu’on a envie d’appeler Niki tout court, tant elle nous touche par un jusqu’au boutisme exalté doublé d’une belle sensibilité féminine.

La muséographie :

Le décor est taillé sur mesure pour l’artiste, vif, coloré, mouvant. On passe d’une salle grise et feutrée hantée par des sculptures fantomatiques, à un décor de conte de fées où des « Nanas » dansent sur un carrousel, puis à une jungle nocturne plantée de totems. On est enchanté par ces revirements qui, étrangement, racontent à la fois l’artiste, la rendent insaisissable et vous donnent l’impression d’être dans un parc d’attraction, citant en filigrane le Jardin des Tarots.

En revanche, si vous ne prenez pas l’audioguide, vous avez intérêt à bien connaître votre sujet car l’exposition est plutôt avare en texte. C’est le genre de chose qui a tendance à m’agacer un peu habituellement, mais je dois dire qu’ici cela contribue dans un sens à illustrer la personnalité de Niki : on ne la commente pas, c’est elle qui mène la barque et se raconte au travers de ses oeuvres.

Les oeuvres:

La multiplicité des genres montre là encore la complexité de cette femme, qu’on serait bien en peine de qualifier au-delà d’artiste, puisqu’elle s’illustre tant dans la peinture, que dans la sculpture, la performance ou même l’architecture.

Ses « Nanas » sont imposantes et gracieuses à la fois, elles séduisent par la joie de vivre qui en émane, là où ses mariées inquiètent et vous rendent mélancolique. Et Je suis tombée amoureuse des nombreuses sérigraphies proposées : des lettres illustrées, enluminées, adressées à ses proches. Je les trouve touchantes, car elles dévoilent une Niki « adolescente » qui contraste de façon tout à fait frappante avec l’artiste évoquant la condition de la femme avec une détermination inflexible.

Enfin, j’ai été très impressionnée par les tirs, non pas les peintures, mais bien les performances en elles-mêmes. Voir les vidéos de ces tirs produit un effet étrange sur le spectateur, difficile à décrire et qui suscite questionnement et introspection. On prend un plaisir jouissif à assister à cet acte de destruction qui amène la création, on voit les matières exposer, les liquides dégouliner. C’est beau et répugnant, voire obscène, on est dans une esthétique du laid qui rappelle Baudelaire.

Mes 4 oeuvres préférées :

Une fois n’est pas coutume, j’ai sélectionné 4 oeuvres, toutes différentes, mais toutes emblématiques de Saint Phalle…

Leto, ou La Crucifixion
Une oeuvre qui m’a vraiment marquée parce qu’elle interroge le féminisme d’une façon ultra-pertinente et pose une question à laquelle je ne suis pas sûre que la société ait aujourd’hui réponse : cette femme, déesse ou prostituée, en porte-jarretelle, qui vous expose un sexe béant à la hauteur des yeux, est-elle une victime de la société (évoquée par sa position christique) ou au contraire, la domine-t-elle en se servant de sa sexualité comme une arme ?

Leto, ou La Crucifixion, Niki de Saint Phalle

Leto, ou La Crucifixion, Niki de Saint Phalle

The Bride, une oeuvre majestueuse et mélancolique qui frappe par sa présence, une véritable performance pour un fantôme.

Bride, Niki de Saint Phalle

Bride, Niki de Saint Phalle

King-Kong, le résultat d’un tir monumental qui porte un propos complexe, rendu ici avec un certain goût pour l’épique.

King Kong, Niki de Saint Phalle

King Kong, Niki de Saint Phalle

Skull, une vanité monumentale qui vous attire par sa beauté, et vous invite à l’introspection en son sein assombri et visible après coup.

Skull, Niki de Saint Phalle

Skull, Niki de Saint Phalle

Informations pratiques :

Du 17 septembre au 2 février, au Grand Palais à Paris
A noter : nocturnes jusqu’à 22h tous les soirs sauf dimanche et lundi, fermeture hebdomadaire le mardi
PT : 13€ / TR : 9€ / Tribu : 35€

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