Filipe Vilas-Boas – iDoll

Filipe Vilas-Boas est un artiste et un designer interactif. Après avoir utilisé l’espace public comme support d’expression, son travail s’articule désormais autour de la sculpture, l’architecture et les nouvelles technologies. Dans le cadre de la Nuit Blanche de 2014, il a présenté son installation, baptisée « Shooting Thoughts ». Aujourd’hui, il expose «iDoll », une madone interactive à la Flaq.

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La Critique Facile : Votre « iDoll » s’inscrit-elle dans le prolongement du projet « Shooting Thoughts » présenté à St Eustache ?

Filipe Vilas-Boas : En fait, c’est la madone qui aurait dû être exposée à St-Eustache initialement. C’est Mario, à la tête de la Flaq, qui m’a suggéré d’y faire un tour. Finalement, l’architecture de l’église m’a incité à développer Shooting Thoughts en lieu et place de la vierge. Mais voilà, le projet se concrétise enfin ! Et en plus le 8 décembre, le jour de la fête de la Vierge, au deuxième sous-sol de la Flaq qui est une chapelle du 13ème.

CF : Pour Shooting Thoughts, le public envoyait des pensées sur la voûte de St Eustache pour créer une constellation. En quoi la madone s’inscrit-elle cette lignée ?

FVB : Sans dévoiler l’idée, il y a le même principe de désintermédiation en jouant avec l’outil numérique et en impliquant les visiteurs pour qu’ils soient parties prenantes de l’histoire. Aujourd’hui la technologie et en particulier Internet se sont érigés au rang de nouvelle Bible. C’est devenu quasiment un objet de culte quotidien. Nous sommes tous là les yeux rivés sur nos smartphones. Finalement, c’est une forme de religion pour nous.

CF : Vous dénoncez le culte de soi numérique ?

FVB : Je ne dénonce pas mais je constate que les selfies par exemple, deviennent de petites icônes que nous tenons dans les mains. C’est aussi ce qui explique le sujet d’Instagram. On en revient aux petites tablettes d’antan. Aujourd’hui, les points de repères, ne sont plus seulement les philosophes, les penseurs, mais nos contemporains, nos semblables. En fait, on assiste à une sorte de culte de soi algorithmé et interactif où les de nos pairs servent aussi à la définition et à la construction de nos identités.

«iDoll», du mardi 8 au jeudi 10 décembre à la Flaq, 36 rue Quincampoix, Paris 4e – L’événement Facebook est là.

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