Duchamp, les Borgia, Shakespeare et la National Gallery

Bien occupée ces derniers temps, j’ai procrastiné à qui mieux mieux et négligé de vous rapporter mes derniers divertissements artistiques et culturels. Je remets donc le pied à l’étrier avec ce blog post, sous forme de liste, certes, mais qui me donnera au moins le sentiment d’être à jour dans ce que je comptais partager ici…

Au programme : deux expositions, un documentaire et une pièce de théâtre

Les deux expositions :


Duchamp, la peinture même – Centre Pompidou
Le Centre propose jusqu’au 5 janvier 2015, une exposition qui retrace les origines de l’oeuvre de Duchamp et l’influence de la peinture sur son travail. Pas de pissotière à l’horizon, vous pouvez y aller allégé de la peur de l’expo tarte à la crème. Au contraire même, j’ai aimé cette proposition à la scénographie agréable, claire et bien découpée. On y découvre comment l’artiste s’est inspiré de son entourage et son temps et approprié de façon si aboutie tout ce qu’il entourait pour produire un travail à nul autre pareil. On sent le génie poindre dans son interprétation du cubisme, sans le talent de Picasso mais avec une personnalité remarquable, et l’on s’émerveille devant le Grand Verre diablement énigmatique et si bien mis en scène. J’ai également adoré la maquette si minutieuse de Étant donnés : 1°) la chute d’eau 2°) le gaz d’éclairage…, probablement son oeuvre qui me fascine le plus.

L'iconoclaste LHOOQ - © Collection particulière © succession Marcel Duchamp / ADAGP, Paris 2014

L’iconoclaste LHOOQ (détail) – © Collection particulière © succession Marcel Duchamp / ADAGP, Paris 2014

Les Borgia et leur temps – Musée Maillol
J’avais beaucoup attendu cette exposition… un peu trop peut-être, car j’en fus bien déçue. On parle un peu des Borgia, un peu de leur temps, mais bien ni de l’un, ni de l’autre, l’exposition est trop courte pour être approfondie et les oeuvres manquent pour raconter en fil rouge l’histoire de cette famille qui ici a plus l’air d’un prétexte sexy pour faire venir le public… On retiendra tout de même quelques oeuvres remarquables : le saisissant St Jérôme de Verrochio, le sublime Enfant Jésus « aux mains » de Pinturicchio, le beau portrait dit de Cesare Borgia par Melone, et la belle Pièta possiblement de la main de Michel-Ange. Et pour être tout à fait honnête, même si ça ne vaut clairement pas les oeuvres évoquées juste avant, j’ai fait un peu ma midinette devant les costumes de la série de Canal+ présentés dans la dernière salle en imaginant le beau Mark Ryder dedans. ;) Jusqu’au 15 février 2015.

Bernardino di Betto, dit Pinturicchio, L'enfant Jésus « aux mains», 1492-1493, Pérouse, Fondazione Gugliemo Giordano © Fondazione Guglielmo Giordano.

Bernardino di Betto, dit Pinturicchio, L’enfant Jésus « aux mains», 1492-1493, Pérouse, Fondazione Gugliemo Giordano © Fondazione Guglielmo Giordano.


Le documentaire :


National Gallery, de Frederick Wiseman
J’ai mis le temps, certes, mais j’ai enfin fini par voir National Gallery. J’y suis allée non sans appréhension puisque le documentaire dure quand même près de 3h et cette crainte n’est pas allée en s’amenuisant devant la salle de ciné pleine de cheveux blancs et de calvities… Au final, un documentaire captivant, qui a l’intelligence de laisser parler les tableaux, les experts, les mimiques des visiteurs, sans céder à la facilité du commentaire en voix off. Tout est dans le montage et dans la beauté du propos tel quel. On est passionné par tant de passion du début à la fin, envieux presque. Je suis allée voir ce documentaire au Louxor, mais il ne semble plus y être programmé, je ne peux donc que vous conseiller le Studio 28, dans le 18è, pour l’y découvrir.

National Gallery - © Kool

National Gallery – © Kool


La pièce de théâtre :


Tout est bien qui finit bien, de William Shakespeare
Pas franchement la pièce la plus connue de Shakespeare, Tout est bien qui finit bien offrait pourtant un divertissement des plus agréables, dans le cadre pierreux et on ne peut plus approprié du théâtre de Nesle. J’ai ri, je fus émue et je me suis plongée sans problème dans un texte pourtant pas facile au premier abord, grâce au jeu enthousiaste des comédiens. Mis en scène par Eudes Drivet. Avec Alan Bryden, Guy Calice, Roxanne Joucaviel, Wilmos Kovacs… Prochaine visite au théâtre pour le Tartuffe à la Comédie Française, et il paraît qu’on rit aussi beaucoup au théâtre Ranelagh où joue en ce moment « Cinq de Coeur ».

Le fantastique Michel Vuillermoz en Tartuffe, mis en scène par Galin Stoev à la Comédie Française

Le fantastique Michel Vuillermoz en Tartuffe, mis en scène par Galin Stoev à la Comédie Française

Voilà. En attendant le prochain post, je copierai 100 fois « je ne remettrai pas à demain le post que je peux écrire le jour même » et je reviens vite pour vous parler d’une artiste que j’aime beaucoup et que j’ai récemment rencontrée.