Carpeaux, un sculpteur pour l’Empire – Musée d’Orsay

• 01/08/2014 • Commentaire (0)

J’avais eu quelques bons échos ici et là de l’exposition Carpeaux qui se tient en ce moment au Musée d’Orsay. Il fallait donc que j’aille vérifier par moi-même…

L’exposition nous dépeint la vie et l’œuvre du fougueux sculpteur qui, de sa courte carrière dit bouger les lignes de sa discipline. Rodin le citait d’ailleurs comme le meilleur portraitiste de son temps.

Mon avis en résumé :

On a ici affaire à une exposition de grande qualité. Bien au-delà des œuvres qui sont montrées et que l’œil connaît déjà (en partie tout du moins), le parcours, truffé d’anecdotes et de citations, brosse le portrait d’un artiste opiniâtre et intransigeant. Et, si la muséographie peut en partie décevoir, contrainte, j’imagine, par la monumentalité de certaines pièces, on ne boude pas son plaisir.

La muséographie :

La visite est très bien segmentée, en 10 thématiques claires qui, au-delà de nous présenter les œuvres, offrent un portrait détaillé du sculpteur, fougueux et sans compromis. On découvre sa ténacité pour mettre en oeuvre un Ugolin tel qu’il l’imaginait, ou encore son entêtement pour faire accepter que sa Flore vienne bouleverser les ambitions architecturales de Lefuel (au final Napoléon III donnera raison au sculpteur !).

Les pièces présentées sont organisées de façon intelligente, du dessin à l’étude en terre, jusqu’au résultat final en marbre, en bronze…, on découvre avec intérêt la genèse de chaque oeuvre. J’ai aussi beaucoup apprécié de retrouver dans les cartels les photos des œuvres d’autres artistes dont Carpeaux s’est inspiré.

Ce qui m’a moins plus, c’est le côté tortueux du parcours, la visite est fléchée, mais reste peu intuitive. En allant vers la section 2, on passe déjà devant la section 10, ce qui gâche un peu le suspense, entre guillemets ; j’aime finir une expo sur une belle chute inattendue et mémorable, on est ici un peu privé de ce plaisir.

Les oeuvres :

On est facilement ému. Les grands groupes sculptés de l’artiste (Ugolin, la Danse…) bien que déjà vus, forcent toujours l’admiration, notamment parce que Carpeaux sait capturer les physionomies avec fougue et aisance, ses bustes sont vivants et expressifs, touchants aussi. Le marbre est souple, le bronze chaleureux, comme le dit très bien la présentation de l’exposition, Carpeaux est le sculpteur du mouvement.

On apprécie de voir les études dessinées et sculptées qui témoignent du travail de l’artiste, même rapides et à peine ébauchées, on devine la virtuosité du sculpteur. Et l’on découvre également ses talents de peintre avec là encore des images saisies sur le vif, vibrantes et élégantes.

Mes 3 oeuvres préférées :

Hector implorant les Dieux pour son fils Astyanax
On a un ensemble très harmonieux, la puissance virile d’Hector est contrebalancée par la souplesse du drapé et l’intimité qui existe entre le héros et son fils. J’ai beaucoup aimé sa main délicate et gracieuse qui vient tenir le pied de l’enfant.

Hector implorant les dieux en faveur de son fils Astyanax, Jean-Baptiste Carpeaux Photo (C) RMN-Grand Palais / René-Gabriel Ojéda

Hector implorant les dieux en faveur de son fils Astyanax, Jean-Baptiste Carpeaux
Photo (C) RMN-Grand Palais / René-Gabriel Ojéda

Charles Garnier, architecte
Un excellent buste (parmi de nombreux autres présentés) où l’on mesure le talent de Carpeaux pour le portrait et sa capacité à saisir un caractère.

Charles Garnier, architecte - Jean-Baptiste Carpeaux Photo (C) RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / René-Gabriel Ojéda

Charles Garnier, architecte – Jean-Baptiste Carpeaux
Photo (C) RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / René-Gabriel Ojéda

Le Prince impérial et son chien Nero
Un autre beau portrait, réalisé avec délicatesse et sensibilité. On devine dans les traits du jeune prince une forme d’ambivalence, entre douceur de l’enfance et solennité du rang.

Le Prince impérial et son chien Nero - Jean-Baptiste Carpeaux  Photo (C) RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Stéphane Maréchalle

Le Prince impérial et son chien Nero – Jean-Baptiste Carpeaux
Photo (C) RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Stéphane Maréchalle

Informations pratiques :

Du 24 juin au 28 septembre 2014
Musée d’Orsay, 1, rue de la Légion d’Honneur, 75007 Paris – Métro Solférino (ligne 12), RER Musée d’Orsay (ligne C)
Prix du billet d’entrée au musée – PT : 11€ / TR : 8,50€

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