Harunobu, un poète du féminin – Musée Guimet

• 05/09/2014 • Commentaire (0)

Puisant dans son fonds de 4000 estampes, le musée Guimet propose en ce moment une courte exposition intitulée « Harunobu, un poète du féminin », consacrée au travail de l’artiste de 1764 à 1770, qui fait le lien entre « la production antérieure d’images rehaussées de deux couleurs et celles présentant une polychromie enrichie ».

Harunobu charme l’œil de ses figures de femmes frêles et fragiles, qui semblent toujours en équilibre, sensation accentuée par les mouvements fluides des kimonos. Ces images nous dépeignent un quotidien doux et serein qu’on voudrait admirer mais c’est sans compter sur l’éclairage déplorable, ridiculement sombre, de la pièce qui laisse dans l’ombre la palette de couleurs justement vantée. Dommage.

harunobu guimet critique facile exposition

Estampes d’Harunobu – Musée Guimet – On voit ici l’ampleur des dégâts…

Informations pratiques :
Jusqu’au 22 septembre
Musée Guimet – 6 place d’Iena – Métro Iena (ligne 6) ou Boissière (ligne 9)
PT : 9,50€ / TR : 7€

Paris libéré, Paris photographié, Paris exposé – Musée Carnavalet

• 26/08/2014 • Commentaire (0)

A l’occasion du 70ème anniversaire de la libération de Paris, le musée Carnavalet propose au public l’exposition Paris libéré, Paris photographié, Paris exposé.

Affiche du 70è anniversaire de la libération de Paris

Affiche du 70è anniversaire de la libération de Paris

Si l’on retrace bien entendu ici la libération de la capitale, le propos est loin de s’arrêter à la narration de ce récit, ô combien passionnant. En effet, cette exposition remet en perspective celle qui s’est tenue à l’issue de la guerre, mettant en avant ses manques et ses « oublis » à la lumière d’aujourd’hui.

Mon avis en résumé :

Une exposition émouvante qui retrace avec passion la libération de Paris, la scénographie est globalement réussie et contribue à « chroniquer » ces événements. On apprécie le travail d’historien et d’archiviste auquel le musée s’est livré pour éviter le piège de la redite d’un épisode, déjà largement commenté, et proposer une réflexion sur ce que disent les images, celles qu’on montre, celles qu’on cache, et comment ce discours évolue au fil du temps.

La muséographie :

Le parcours est plutôt bien orchestré, il y a beaucoup d’informations, beaucoup de documents et beaucoup de textes, mais c’est bien agencé.

La problématique sur la mise en perspective de l’exposition qui eut lieu sept décennies plus tôt est très clairement exposée dès le départ. Les stickers de couleur nous permettent de distinguer les documents présentés à l’époque de ceux qui ne furent pas exploités ; on cerne donc assez bien la vision partielle de l’exposition des années 40. J’ai vraiment bien aimé la partie interactive de l’exposition qui permettait d’accéder, en cliquant sur une carte de Paris, à des témoignages contemporains de personnes qui ont vécu les événements. Cela crée un véritable pont entre hier et aujourd’hui.

Il y a donc ici un bel effort de clarté que je trouve légèrement terni par la titraille, peu lisible, tantôt en haut, tantôt en bas, qui rend le cheminement moins intuitif. Une chronologie récapitulative des faits en début de d’exposition aurait également aidé à se repérer plus facilement.

Schall Roger, "Partie de la rue de Rivoli interdite" 1940 - Musée Carnavalet

Schall Roger, « Partie de la rue de Rivoli interdite » 1940 – Musée Carnavalet / Roger Viollet

Les documents exposés :

On a ici affaire à des témoignages exceptionnels, avec bien entendu une majeure partie de photographies, qui parfois ont le charme des clichés surannés qui ont tant de succès aujourd’hui, et qui, à d’autres moments, sont terribles et poignantes. Cadavres, salles de tortures, femmes tondues, on a peine à croire que ce sont les mêmes rues que l’on foule aujourd’hui et l’on ne peut s’empêcher de se demander comment se comporteraient les uns et les autres si tout cela avait lieu à notre époque…

De nombreux films illustrent aussi avec efficacité le propos. On voit les cinémas réservés aux allemands, et puis ces mêmes soldats bousculés par les français victorieux, et puis l’on entend cette voix off d’un commentateur de l’époque clamer avec fierté que « le peuple du vin rouge a prouvé qu’il savait combattre en buvant de l’eau. »

Tantôt, on sourit, tantôt on se fige d’effroi, mais l’on s’émeut dans tous les cas.

"La libération de Paris - Le général Von Choltitz, gare Montparnasse, 4ème arrondissement, le 25 août 1944." - Musée Carnavalet

« La libération de Paris – Le général Von Choltitz, gare Montparnasse, 4ème arrondissement, le 25 août 1944. » – Musée Carnavalet / Parisienne de photographie

Informations pratiques :

Jusqu’au 8 février 2015
Musée Carnavalet, 16 rue Francs-Bourgeois, 75003 Paris – Métro Chemin Vert (ligne 8)
PT : 8€ / TR : 6/4€ – n’achetez surtout pas de billet coupe-fil, je me suis faite houspiller par le caissier du musée qui a décrété que je m’étais faite avoir en le prenant sur Digitick.

On ne va pas se raconter d’histoires – David Thomas

• 16/08/2014 • Commentaire (0)

Une fois n’est pas coutume (mais peut-être cela le deviendra-t-il), c’est un livre que je me propose de « critiquer facilement » en ce week-end de 15 août, passé en exil et en famille.

On ne va pas se raconter d’histoires, comme son titre ne le suggère pas, est justement un recueil d’historiettes, à même de séduire tant les amoureux des mots que les lecteurs plagistes. Plus courtes que des nouvelles à proprement parler, ces tranches de vie, qui vont d’une demi-page à 4 ou 5 pour les plus longues, peuvent se déguster à la suite, ou chaque jour au goûter, dans le métro, avant d’aller se coucher, etc… Pour ma part, j’ai lu l’ouvrage un week-end en quelques heures, amusée par le style de l’auteur, efficace, imagé comme j’aime, et par son sens de la chute, ironique la plupart du temps, souvent drôle ou attendrissante, un peu triste aussi parfois.

Des tranches de vie donc. Les vôtres, les miennes, celles de nos amis, de nos voisins, des anonymes qui nous entourent. Des histoires de tous les jours qui deviennent charmantes quand on met des mots dessus.

david thomas

Informations pratiques :
On ne va pas se raconter d’histoires, David Thomas, 160 pages
Collection La Bleue, Editions Stock
14€

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